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Comment pêcher le black-bass en prespawn ?

Les jours commencent à rallonger, les premiers bourgeons font leur apparition et l’eau remonte doucement en température. Pour bon nombre de pêcheurs de bass, c’est le signe que le prespawn est en route.

C’est sur cette période fascinante que cet article va porter. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, il est bon d’éclaircir quelques points fondamentaux.

Comment définir le prespawn pour le bass ?

Prespawn (pré-fraie) signifie la période avant la fraie du black bass. Ce laps de temps peut différer selon la zone géographique ou la météo. Cependant, un facteur important et immuable est la photopériode (durée d’ensoleillement sur 24h), mais nous y reviendrons plus tard dans ces lignes.

Pour rappel, la fraie a lieu entre 16 et 18°C. On considère que le prespawn démarre lorsque les poissons commencent à se déplacer vers les postes de reproduction, c’est-à-dire entre 11 et 16°C.

Durant le prespawn, les poissons s’alimentent en quantité afin de passer la fraie dans les meilleures conditions. Les femelles sont pleines d’œufs, leur poids augmente donc, ce qui permet de capturer de vrais gros spécimens.

Les poissons sont très mobiles pendant ces quelques semaines. Ils sortent de leurs zones de tenue hivernale et commencent à rejoindre les baies et zones peu profondes où aura lieu la fraie.

Afin de bien comprendre ce qui se passe pendant ce laps de temps, il est intéressant d’observer ce qui se passe en Amérique, car cela est aussi valable pour les grands milieux européens.
Par grands milieux, j’entends les lacs et rivières avec une densité de poissons et une surface suffisante pour en tirer des conclusions claires et précises sur leurs comportements et leurs mouvements.
Ces conclusions peuvent alors être rapportées à un milieu plus modeste. Néanmoins, il est difficile d’établir un schéma précis lorsque les populations sont moindres et la zone réduite.

Attention, suivant les régions, pays et la météo, ces périodes peuvent varier de quelques semaines.

La photopériode

Définition de la photopériode : relatif à la succession de périodes de lumière et de périodes d’obscurité, ainsi qu’aux phénomènes biologiques qu’elle provoque sur l’organisme animal ou végétal.

Vous l’aurez compris, la photopériode est la durée d’ensoleillement dans une journée et son impact.

Lorsque l’on parle du prespawn pour le black bass, la plupart des gens pensent que la température est le facteur le plus important. Ça l’est, mais à mes yeux, la photopériode l’est tout autant. Comment expliquer que les black bass fraient quasiment à la même période d’un bout à l’autre du pays, avec parfois des écarts de température importants ?

C’est ce phénomène qui pousse les poissons à se reproduire, même si la température n’est pas optimale. Attention, je ne dis pas que la température n’a aucun impact. C’est un facteur primordial, mais elle doit être corrélée avec la photopériode.

Les grands milieux

Par où commencer ?

Il peut être déroutant d’arriver sur un lac de plusieurs milliers d’hectares, avec des conditions météo parfois rudes et des centaines de spots à disposition.

Afin d’être efficace, il va falloir décomposer sa recherche en plusieurs étapes :

  1. Trouver les zones de tenue hivernale (ou supposées)
  2. Trouver les zones de fraie (ou supposées)
  3. Trouver les points secondaires ou aires de repos
  4. Établir les autoroutes

J’aime utiliser la référence des « autoroutes » pour expliquer les mouvements des poissons à cette période. Ils suivent une route, vont d’un point A à un point B et font des pauses dans leur voyage en attendant que les conditions s’améliorent.

Joli poisson de mars, pris au crankbait au fond d’une baie.

Zones de tenue hivernale

En premier lieu, il est primordial de trouver les zones de tenue des poissons en hiver. C’est le point de départ de notre schéma.
Généralement, on trouve ces zones au bord des fosses, du lit ou de l’ancien lit de la rivière.
Ce sont des zones profondes, donc, avec une concentration de nourriture à proximité. Cherchez les cassures, les pointes profondes ou celles qui sont liées directement au lit de la rivière, les tas de roches, les structures immergées, etc.

Zones de fraie

Il faut maintenant chercher les zones de fraie, généralement entre 0,5 et 2 mètres de profondeur. Idéalement, sur un substrat dur du type gravier ou sable pour confectionner leur nid. Il est également possible de les trouver plus profondément, selon le milieu.
Cherchez en priorité dans les fonds de baies, les marinas, les queues de lac. En bref, toutes les zones abritées et proches de la bordure. Elles sont à l’abri du vent, des éventuels prédateurs, et chauffent rapidement.

Les points secondaires ou péages

Comment définir un point secondaire ? Une fois le point de départ et le point d’arrivée trouvés, il faut chercher des postes de repos sur leur chemin.

Les poissons vont progressivement quitter leurs postes d’hiver pour rejoindre leurs zones de fraie, vous l’avez compris. Mais les black bass ne peuvent pas deviner la météo qu’il va faire. Les smartphones ne sont pas monnaie courante dans le milieu aquatique.

Ils vont donc bouger progressivement et s’arrêter en chemin sur des « aires de repos » en attendant que les conditions soient plus clémentes ou optimales.
Ces postes peuvent être des pointes à l’entrée d’une baie, des arbres morts, des structures immergées, des roches, un pont, etc.
Les points secondaires sont généralement proches des zones de fraie, parfois juste à côté, parfois à quelques centaines de mètres, ou plus.

Bass de 2,5 kg pris sur un point secondaire, autour d’une île à l’entrée d’une baie au texas rig.

Établir les autoroutes

Voilà, vous avez maintenant les points de départ, les points d’arrivée et les points secondaires. Reliez-les ensemble et vous obtenez le trajet des poissons, les « autoroutes » ou « Bass Highway ».
En théorie, ça semble simple, dans la réalité, ça l’est beaucoup moins.

Il ne suffit pas de tirer un trait droit entre les points, les poissons peuvent suivre une cassure ou aller de pointe en pointe, de virage en virage, par exemple. À vous de chercher et de trouver les zones clés. Il faut parfois chercher très longtemps pour définir les zones abritant du black bass et les zones vides de toute vie.

Oui, car à cette période, les poissons se déplacent en bancs, appelés « schools » et empruntent souvent les mêmes routes. Certaines zones qui paraissent prometteuses sont vides, d’autres moins visibles sont pleines à craquer, parfois l’inverse. Mais dites-vous bien que lorsque vous tombez sur la bonne route et que les points secondaires sont occupés, alors c’est le jackpot.
Attention, parfois, c’est sur un terrain de foot que ça se joue, parfois, la zone n’est guère plus grande qu’une voiture.

Mais le jeu en vaut la chandelle (sans mauvais jeu de mots), prenez le temps de chercher et comprendre, à la clé des pêches fantastiques vous attendent avec de vrais gros poissons.

Capture d’écran d’une cartographie.

Les cercles verts, les possibles points secondaires ou péages. Représentés par des pointes dans le premier tiers des baies, des plateaux aux alentours de 5 m de profondeur.

Les cercles rouges, les possibles postes de fraie. Majoritairement situé dans le dernier tiers des baies, ils sont representé par des zones dite shallow (peu profondes), entre 2m et 30 cm d’eau. Ils sont à l’abri du vent, des masses d’eau froides.

Un bon exemple pour illustrer

Pour la petite histoire, nous étions sur un grand lac portugais il y a quelques années. D’après notre hôte, qui était présent une semaine avant notre arrivée, les poissons étaient entre 10 et 15 mètres d’eau autour des îles, à l’entrée des baies (postes d’hiver donc). Quelques poissons entre 1 kg et 2 kg avaient été capturés sur ces zones, mais rien d’incroyable pour autant.
Nous y avons pêché les trois premiers jours de notre arrivée, mi-mars, sans grand succès non plus.

A priori, les baies étaient vides également. L’eau était à 13°C et peinait à dépasser les 14°C avec un temps gris, du vent, et pour ne rien arranger, une tempête de sable.
Le mercredi, sur les précieux conseils du boss du magasin local, nous décidons de rentrer plus profondément à l’intérieur des baies et insister sur les falaises, roches, tas de cailloux, etc. Bien nous en a pris, les poissons étaient localisés dans le dernier tiers des baies, entre 2 et 5 m d’eau, sur des postes de roches. Que des blocs, et je ne parle pas des rochers. Tout le monde a eu son 2 kg+, avec quelques poissons de 2,5 kg et 2,7 kg.

Nous en avons conclu que les bass sont rapidement montés sur les zones de fraie dès les premières montées de température, puis une chute de celle-ci les a stoppés dans leur élan. Ils se sont rassemblés sur des points secondaires en attendant une température d’eau idéale ainsi qu’une photopériode plus longue.

L’année suivante, aux mêmes dates, grand soleil, eau très claire entre 15°C et 16°C. Aucun poisson sur les zones qui avaient donné l’année précédente, vide. En revanche, les bordures au fin fond des baies, dans le dernier tiers, avec quelques herbiers et très peu d’eau, ont donné le meilleur résultat.
Les chaleurs ont duré plus longtemps, les poissons se sont rassemblés dans les fonds de baies, prêts à frayer en attendant une température et une photopériode adéquate.

Les petits milieux

Une fois cette grande partie assimilée, il est possible de l’appliquer aux milieux plus modestes.

Prenons l’exemple d’un lac de quelques hectares, tel qu’une gravière. Le principe est le même, les distances sont simplement réduites.

  1. Trouver les zones de repos hivernal, fosses, cassures, postes plus profonds.
  2. Trouver les zones de fraie : queue de lac, fond de baies, plages, pontons, etc.
  3. Trouver les aires de repos : pointe de roche, entrée de baies, rétrécissement, ponts, arbres morts, plateaux d’herbiers, etc.
Gros poisson de mars pris en pleine eau au chatter bait.

Établir les autoroutes

Ce n’est pas plus simple pour autant. Bien que les postes soient moins nombreux, établir des schémas précis peut s’avérer fastidieux, surtout si la population n’est pas assez conséquente.

Faites simple : découpez votre prospection. Commencez par les zones hivernales, puis avancez progressivement vers les zones de fraie. Selon la période à laquelle vous êtes sur l’eau, vous pouvez faire l’inverse. Si vous prenez une touche ou un suivi, insistez, faites tourner quelques leurres. À cette période, les black bass sont rarement seuls.
Il n’est pas rare de passer une grosse partie de la journée à pêcher du vide, ou du moins à avoir l’impression de le faire. Les poissons ont des phases alimentaires courtes à cette période, ils ne digèrent pas comme en été.
Les moments les plus chauds de la journée sont à privilégier, n’hésitez pas à repasser sur les postes plusieurs fois à des heures différentes.

Comme évoqué plus haut, les poissons sont très mobiles. Un spot prolifique un jour ne le sera pas forcément le lendemain. C’est la bonne période pour battre du terrain en powerfishing et trouver rapidement les poissons actifs.

Les leurres

Faites simple, nul besoin de partir dans tous les sens. Les grands classiques fonctionnent parfaitement durant le prespawn.

Les types de leurres

Leurres de réaction :

  • Chatterbait
  • Cranckbait
  • Spinnerbait
  • Lipless cranckbait

Leurres imitatif :

  • Jerk Minnow
  • Jigs
  • Texas rig (craw, créatures, worms)
  • Swimbait

Les couleurs

Petite subtilité néanmoins : le orange et le rouge sont incontournables. C’est assez impressionnant la différence que peuvent faire ces deux couleurs à cette période.

J’utilise ces couleurs principalement sur les chatterbaits, cranckbaits, jigs et texas rigs. Ces leurres imitent des écrevisses, donc ce choix est cohérent.

Pour les swimbaits, jerk minnows et spinnerbaits, j’utilise généralement des couleurs naturelles en lien avec le poisson fourrage présent sur le spot.
Rappelez-vous que nous ne sommes pas encore tout à fait au printemps, les poissons blancs sont encore en bancs et représentent une source de nourriture de choix pour les black bass.

Évidemment, toutes les autres couleurs fonctionnent, il ne faut pas s’en priver, mais celles-ci sont simplement plus régulières en termes de résultat.

La prospection

La plupart du temps, je commence par battre du terrain en utilisant des leurres de réaction afin de trouver du poisson actif. Généralement, j’utilise un chatterbait ou un cranckbait. Je garde le spinnerbait pour les journées venteuses. Cela me permet de couvrir du terrain et d’aborder différents types de spots avec plus ou moins d’efficacité : arbres morts, pleine eau, cassures, roches.

Si vous remarquez du poisson blanc sur vos zones, n’hésitez pas à sortir un jerk minnow, ce leurre est redoutable à cette saison.

Si les poissons repérés ne sont pas réactifs en powerfishing ou si j’ai saturé la zone, je passe alors sur une pêche plus lente. Dans ce cas-là, le jig et le texas rig sont des armes de choix. Utilisez un grammage adapté à votre poste, la plupart du temps entre 7 et 14 g suffiront à couvrir la majorité des cas. Idem pour le trailer ou la craw, jouez avec la vitesse de descente en utilisant tantôt une craw qui flappe et ralentit, tantôt une craw qui ne flappe pas et ne bride pas votre montage.

Pour les plus téméraires, la pêche au swimbait fonctionne parfaitement durant le prespawn. C’est un bon moyen de faire sortir de gros poissons. C’est aussi un excellent leurre de prospection, sa faculté à faire suivre des poissons est un atout non négligeable. C’est un type de leurre que j’aime sortir en premier afin de vérifier si des black bass sont présents sur le spot. Il a une capacité à les hypnotiser impressionnante.
C’est une pêche mentale, mais qui rapporte gros, surtout à cette période. Voir un poisson de 2 kg et plus aspirer votre swimbait, ça n’a pas de prix.

Poisson pris au soft swimbait de 6 pouces autour d’une île.

Cet article touche à sa fin. Je voudrais simplement rajouter que dans la pêche, il n’y a pas de règles, mais seulement des tendances. Vous pouvez très bien réaliser de superbes pêches au worm à vue, comme on pourrait le faire en été, ou encore au stickbait lors d’une chaude journée. À vous de trouver le pattern du jour. Gardez bien en tête que les poissons ne sont pas là par hasard ; il y a forcément une raison logique à leur positionnement.

J’espère que cet article vous aura été utile et qu’il aura répondu à vos interrogations. Si vous avez des questions ou souhaitez plus d’informations, n’hésitez pas à me contacter via le site ou sur Facebook et Instagram.

L’idéal étant surtout de le pratiquer. Je guide sur le Marais Poitevin en février et début mars, puis au Portugal jusqu’à début avril. C’est l’occasion de mettre en pratique tout ce qui a été évoqué et bien plus encore (les guides ont toujours leurs petits secrets) !

Si vous souhaitez approfondir le sujet, quelques chaînes américaines ont de très bons contenus :

À bientôt.

Sources 

CNRTL définition de la photopériode.

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